Chicago teste les ''grocery bus'' vendant fruits et légumes en zones défavorisées: et si on revenait au commerce ambulant ?

Publié le par le-furet-du-retail

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Le digital n'a jamais été antinomique avec la tradition et le commerce ''commerçant'' bien au contraire ... La clé résidera dans de nouvelles idées simples, mixant et utilisant le meilleur des deux mondes. L’histoire est un éternel recommencement avec des modes opératoires différents.

Séquence souvenir : je me souviens dans mon enfance ‘’rurale’’, il y avait un maraîcher ‘’ambulant’’ qui venait deux fois par semaine et s’arrêtait devant la maison pour nous vendre ce que ‘’l’échoppe’’ locale ne nous vendait pas ou mal, fruits, légumes, graines, condiments...

Au début une remorque verte tirée par un cheval, puis se fut un tracteur, puis il disparut.


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C'était a peu près ça mais en moins moderne... 


Ma mère y achetait carottes, patates, salades. Et je vois encore ce commerçant ambulant avec sa blouse bleue et sa moustache, nous sourire en rendant la monnaie … C’étaient des commerçants indépendants ayant choisit un mode ‘’déambulatoire’’ pour aller à la rencontre de leur clients. Bien entendu tout cela à disparu …

 

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CHICAGO 2013 : des bus municipaux recyclés en mini supermarket de ''produits frais''. 

Aujourd’hui, je tombe sur un reportage sur un ‘’bus grocery’’ à Chicago ''mobile produce market''. Certes par rapport à ces commerçants ''itinérants'' des années 70, la mission est différente puisqu'ici il s'agit de créer une offre mixant ''social'' et ''santé publique'' de produits frais naturels dans des zones ''désertées'' par ce type de commerces. C'est à l’initiative d’associations locales, et soutenue par des subventions de Chicago que ce projet est né et développé. Ce sont des véhicules recyclés de la compagnie de transport locale et réhabilités par ‘’Architecture for Humanity Chicago’’.

 

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Un bus chargé d’aller vendre des fruits et légumes dans des quartiers désertés par les primeurs, sachant qu’aux états unis, les marchés ''à ciel ouvert'' comme chez nous n’existent pas.

 

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Et ce ne sont pas moins de 400.000 personnes qui vivent à Chicago dans des zones sans épicerie ou ayant un stock d’aliments frais à prix abordable. 4 jours par semaine ces bus se déplacent donc dans les banlieues et proposent aux habitants des produits frais de producteurs locaux, fruits et légumes.

 

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L’avantage étant que ces bus sont déjà équipés d’accès pour des personnes à mobilité réduite et fauteuils roulant. A l'intérieur, les architectes ont réutilisé l'allée du bus comme une allée centrale d'épicerie et remplacé les sièges par des étagères sur mesure.  Des ‘’rayons’’ capables de supporter 200 livres de fruits et légumes. Ils ont également modifié la batterie du bus pour fournir l'électricité nécessaire à la réfrigération et la connection… oui connecté pour être en lien avec les services sociaux de la villes et les programmes alimentaires.


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Dans ces quartiers populaires les rares groceries restantes ne vendent que les 80/20 de la nourriture américaine. Autant dire que les fruits et légumes y sont peut représentés. Et ce sont pas moins de 11 000 clients que le premier bus mis en place à satisfait en année 1. Ce qui a encouragé la municipalité de Chicago d’aller plus loin en réhabilitant d’autres bus.


Et chaque station du ‘’grocery bus’’  traite est l‘occasion d’un micro- événement. Les arrêts se font aussi devant les écoles , les organismes communautaires et les complexes d'habitation, et offre parallèlement à la vente de produits,  une programmation telles que des ateliers éducatifs et des cours de cuisine. « Ces partenariats diffusent de l'expérience au-delà de l'autobus lui-même » déclare Katherine Darnstadt conceptrice du projet.

 

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K. Darnstadt explique également que les nouvelles initiatives prises répondent à un besoin urgent de pédagogie sur les produits frais. " Un nouveau modèle rendu nécessaire pour restaurer l'accès aux aliments à des communautés n’y ayant plus accès. Et un bus pour avoir suffisamment de souplesse pour atteindre les zones à besoin élevé et où des boutiques ne s’implanteront jamais », ajoute-elle.  "Et après tout aujourd'hui, ce qui pourrait combler un maque sur une offre indispensable à la santé et au bien être alimentaire au quotidien n'a peut être pas - ou n'aura plus - la forme d'une épicerie classique, ou du moins pas dans la conception conventionnelle. "

 

Une initiative qui pourrait être reprise par des enseignes leaders, soucieuse d’image ‘’responsable’’ et de proximité sociétale.

Pourquoi n’y aurait il pas en France de bus U, Carrefour, ou Auchan… dans nos campagnes, ou nos banlieues sensibles de plus en plus désertées par des commerçants traditionnels. En vendant un assortiment primeurs mais également de base pour des foyers n’ayant plus accès à des commerces de proximité.

Les camionnettes de commerçants ambulants et leur fonction sociale ont malheureusement disparues avec leur klaxon vous prévenant de leur arrivée. 

Elles servaient de commerce dans des zones désertées par les ‘’commerçants’’ faute de rentabilité bien entendu, mais également de lien social. On s’y rencontrait, on y parlait de la pluie et du beau temps, et bien souvent cela constituait le seul contact de la journée d’habitants de bourgs abandonnés.

 

Et je pense qu’au-delà du sacro-saint chiffre d’affaire et du retour sur investissement, ca type d'action entrerait dans une politique de communication ‘’responsables'', sociales et RSE’’ des enseignes leaders.

 

Publié dans pop up store

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